L’Alliance des Burundais du Canada (ABC) a été cité parmi les invités du «Collectif des Survivants et Victimes du génocide Hutu de 1972» à une «conférence publique sur les vrais auteurs du génocide au Burundi». D’emblée, l’ABC considère que s’exprimer sur les différents massacres et assassinats perpétrés au Burundi est une initiative louable et nécessaire.
En revanche, si l’ABC décide d’intervenir en ce moment, alors qu’elle est tout à fait consciente de la nécessité pour toute organisation agréée de s’exprimer librement sur n’importe quel sujet, c’est qu’elle refuse d’être associée de près ou de loin à toute aventure dont l’objectif ultime semble de vouloir travestir la vérité sur les événements qui ont émaillé l’histoire du Burundi.
Nous sommes d’avis que les organisations habilitées, tant au plan national (Burundi) qu’international, sont mieux qualifiées et outillées pour mener à bien tout travail d’enquête et d’authentification des faits; des organisations dont la neutralité et la distance émotionnelle face aux événements qui ont endeuillé le Burundi est avérée. Or, le Collectif semble faire l’économie des faits, de l’éthique, de la douleur des autres et surtout de la souhaitable action judiciaire, ce qui est tout simplement irresponsable. Qui plus est, se substituer à la justice et faire porter des crimes à des individus sans, à priori, aucune véritable enquête judiciaire digne de ce nom, est tout simplement diffamatoire et criminel.
La conférence semble viser à faire porter une responsabilité aussi lourde que le génocide à des Burundais en faisant fi du code de déontologie qui s’impose dans de tels cas. Conscient du caractère irrationnel et inique d’une telle activité, l’ABC ne peut participer ou s’associer à une telle aventure. De plus, il est de commune renommée que toute entité se croyant dépositaire d’un pouvoir quelconque (réel ou illusoire) fait généralement tout pour instrumentaliser l’opinion publique et même la justice à son unique profit. C’est alors à ce moment précis que la vraie justice doit intervenir pour rétablir librement la vérité des faits et permettre alors à la réconciliation de faire son œuvre.
L’ABC fait alors un clin d’œil au Collectif, afin qu’il milite plutôt pour une enquête judiciaire au Burundi sur tous les crimes commis au Burundi tel que prévu par les Accords d’Arusha, au lieu de porter atteinte à l’honneur et à la réputation des Burundais, en propageant des accusations aussi graves à leur encontre; les livrant ainsi, eux et les leurs à la vindicte populaire. Le Collectif est certes libre de réclamer la justice, mais il n’a aucunement le droit de s’y substituer.
Fait à Ottawa le 18 octobre 2018
© L’Alliance des Burundais du Canada, l’ABC